Galeria : "Non aux contrôles de surfaces agricoles tant que les règles ne sont pas changées"

Rédigé le 07/11/2018
Maria-Serena Volpei-Aliotti

La conférence de presse organisée à Galeria par les jeunes agriculteurs de Haute-Corse et la FDSEA a rassemblé une trentaine de personnes, impactés par cette nouvelle forme de contrôles surfaciques.


Une trentaine d'agriculteurs, venus de toute la Corse, ont répondu, mercredi à Galeria, à l'appel lancé par les jeunes agriculteurs de Haute-Corse et la FDSEA, qui visait à dénoncer les nouveaux contrôles surfaciques, menés par l'ASP (Agence de services et de paiements) qui touchent aujourd'hui la Corse. 

"Ces nouveaux contrôles mettent en péril l'agriculture Corse" explique Joseph Colombani, président de l'FDSEA. 
Ils surviennent après les déclarations faites par les agriculteurs pour les surfaces qu'ils exploitent. "La Balagne  est en télédétection. Environ 90% des éleveurs sont contrôlés. Les parcelles sont visualisées par photos satellites. Si les photos ne sont pas conformes aux déclarations, les surfaces sont contrôlées." 

 

" Aujourd'hui, de nombreux agriculteurs utilisent des parcelles en friche, souvent exploitables pour d'autres raisons : leurs ressources, glands, châtaignes, eau. 
En voulant s'en prendre aux déclarations frauduleuses, les contrômes s'en prennent aux gens qui travaillent. Les fraudeurs n'ont rien à perdre. Ils ont pris ce qu'ils avaient à prendre. Cela ne met pas leur travail en péril, le nôtre oui
" précise Thierry Acquaviva. 

 

 "Tout le monde est mis dans le même panier. Aujourd'hui on va nous sanctionner parce que au niveau de l'Europe les parcours méditerranéens ne sont plus  reconnus comme des parcours productifs, alors que depuis la nuit des temps la Corse vie du pastoralisme. L'appréciation de productivité d'une parcelle et est aléatoire, arbitraires et à l'appréciation du contrôleur contractuel
Avec ce nouveau contrôle, si 20 % d'anomalies sont relevés entre les déclarations faites au préalable par l'exploitant et le contrôle, l'agriculteur aura 100% de pénalité et se verra retirer toutes ses aides."

 

Une épée de Damocles
 "Cela veut dire qu'avec cette nouvelle forme de contrôle, les jeunes agriculteurs qui s'installent, avec des investissements et des crédits sur le dos pour des achats de bêtes et de terres, vont droit dans le mur ! Ils sont morts ! Ces jeunes démarrent leurs activités, sur des surfaces souvent brutes non éligibles à la base. Il y a deux ans, on leur a dit que c'était bon, qu'il n'y aurait pas de problème ! Mais aujourd'hui, les règles changent ! Ce contrôle les pénalise et ils se font tout retirer" martèle Thierry Acquaviva. 

 

Après cette réunion tenue par Thierry Acquaviva et Joseph, Colombani tous se sont mis d'accord :" À partir d'aujourd'hui et en attendant les changements des règles, nous demandons une suspension tous les contrôles des surfaces d'exploitations ". 

À la base, ce contrôle comporte 5 niveaux. 0%, 35%, 50%, 80% et 100% d'appréciations faites par l'agriculteur sur sa parcelle. Mais c'est complexe pour tout le monde, les agriculteurs, les techniciens. C'est l'Etat qui doit s'occuper de ça ! Nous n'avons pas les compétences. validées en suite par le technicien qui s'occupe de la déclaration. "Puis, lors du contrôle, si le jeune contrôleur vient et estime que tel ou tel morceau n'est pas exploitable, on se prend une pénalité"

 

Des aides impayées pour beaucoup d'agriculteurs 
"Aujourd'hui, nous avons ce sentiment de culpabilité. On fait croire que les agriculteurs sont assistés. Mais en réalité ces aides que nous touchons sont des aides indirectes aux consommateurs. Elles compensent en effet des prix de vente relativement bas. Sans elles, les produits seraient plus chers. L'ODARC reçoit une enveloppe destinée aux agriculteurs par l'Europe. Aujourd'hui on me doit beaucoup d'argent depuis 2016. On me prétexte un problème de logiciel et nous sommes plusieurs dans ce cas. J'ai signé un contrat avec l'Europe. Moi j'ai tenu mes engagements. Ils sont venus me chercher. Cet argent m'aurait servi pour nettoyer des parcelles, mettre les terrains en conformité. Et là, on va venir me dire que je ne suis pas dans les clous ? Alors qu'ils ne me paient pas ce qu'ils me doivent ? Chez moi, de contrôleur contractuel, il n'en viendra pas tant qu'on ne me réglera pas ce qu'on me doit"  précise Thierry.  

 

Au terme de l'intervention de Thierry Acquaviva on apprenait que Joseph Colombani a obtenu un rendez-vous qui aura lieu ce vendredi à 17 heures à Ajaccio avec la préfète de Corse Josiane Chevalier, auquel devrait assister Gilles Simeoni, président de l'exécutif de la CDC.
"Nous demandons des contrôles adaptés à la réalité des terrains. Les élus sont sensés nous défendre. Défendre l'agriculture corse et ils doivent comprendre la dimension de la gravité de la situation qui est ainsi faite aux agriculteurs" précise Joseph, avant d'ajouter " Nous ne sommes pas contre le fait que d'autres syndicats participent à cette réunion mais cela reste de  la responsabilité de la préfète"
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