​La station Total de Furiani, toujours amoureuse du Sporting

Rédigé le 03/04/2018
Florian Cadu

Alors que presque tous les joueurs professionnels et membres du staff du Sporting Club de Bastia y venaient se ravitailler en carburant depuis plus d’une vingtaine d’année, la station-service Total située à côté du stade Furiani a perdu nombre de ces clients habituels en raison de la descente de l’équipe de football en National trois cette saison. Mais en attendant des jours meilleurs, les maillots sont toujours là, bien ancrés au mur. Et prouvent que l’endroit est encore habité par l’esprit du SCB.

Si une ville corse souhaite  un jour ouvrir un musée consacré au Sporting Club de Bastia, elle serait bien avisée de rendre visite à la station-service Total située sur la route nationale de Furiani, au niveau du rond-point localisé à quelques centaines de mètres du stade. Car dans cet endroit, on n’y vient pas seulement pour se ravitailler en essence ou pour laver sa voiture. On peut aussi y contempler de nombreux maillots de football encadrés aux murs, et auparavant suspendus au plafond (il y a un an, la direction de Total France a en effet demandé à ce que ces maillots soient exposés de manière plus conventionnelle).

Repris il y a deux décennies par Michel Ciavaldini et Augustin Straboni, ancien joueur du club dans les années 1980 qui a évolué en deuxième division française, le commerce a toujours été amoureux du SCB. Un sentiment réciproque, puisque quasiment tous les joueurs professionnels et dirigeants de l’entité y venaient faire le plein ou demander quelques services au sujet de leur véhicule depuis une vingtaine d’années. La proximité du stade, bien entendu, mais aussi les liens sociaux solides créés avec le temps expliquaient ce constat. Une époque formidable malheureusement achevée aujourd’hui, en raison de la descente de l’équipe en National trois. « Mais il n’est pas rare de voir repasser certains anciens joueurs. Comme l’ex-défenseur de l’équipe de France Sébastien Squillaci ou l’ex-gardien de but des Bleus Mickaël Landreau par exemple, qui viennent très régulièrement », confie Mariana Straboni, sœur d’Augustin et seule employée de la station.

Si la chute du SCB l’a terriblement déçue tout en installant un manque à gagner évident pour la station (a majorité de l'effectif passé n'étant plus présente et les joueurs désormais amateurs ne venant pas systématiquement), Mariana garde le sourire. « Moi et Michel, nous suivons le Sporting depuis que nous sommes nés. On reste et on restera quand même la station du club, assure-t-elle. Tous les étés, les touristes venaient voir les maillots, qui sont des cadeaux de la part de joueurs les ayant vraiment portés. Certains voulaient même les acheter. Et ça, je pense que ça ne changera pas. » A-t-elle espoir dans le futur, à l’heure où Bastia est toujours deuxième de son championnat, six points derrière le leader de l’US Marseille Endoume (sachant que seul le premier accède à l'échelon supérieur) ? « Je ne sais pas, cela va mettre du temps pour remonter à un niveau plus convenable et plus représentatif de l'histoire du Sporting… Cinq ans, dix ans peut-être… Mais il faut aussi penser aux enfants, aux familles qui avaient l’habitude d’aller voir jouer l’équipe le week-end. C’est très dur pour eux. » Une seule solution pour consoler ces derniers : se rendre à la station Total pour se remémorer les belles années.